Tapis de sol

Tapis de sol

Tapis de sol exécuté par Elisabeth de Saedeleer à Bruxelles.

Jules Lismonde est un peintre, dessinateur, créateur de tapisseries et de vitraux, graveur et lithographe belge né en 1908 et décédé en 2001. Lismonde a grandi dans une famille où l’art a toujours été présent : son père dessinait et sa mère peignait, tous deux en amateurs. Dès l’école primaire (1914-1919), il dessine des caricatures et des dessins inspirés par ses lectures et par la guerre. Cela l’a mené à proposer des dessins au journal estudiantin de l’Athénée royal de Bruxelles où il fait des études gréco-latines de 1919 à 1924. Ensuite, il suit les cours de l’Académie royale des Beaux-Arts de Bruxelles et commence à dessiner et peindre professionnellement selon une inspiration romantique. Lismonde a étudié plusieurs techniques artistiques durant sa carrière : Après avoir étudié la peinture et le dessin, il s’est initié à la gravure et plus particulièrement à l’eau-forte en 1930 auprès d’Armand Apol (peintre et graveur belge). Puis en 1952, il s’est initié à la lithographie à l’École des Arts et Métiers de Bruxelles, et a travaillé cette technique à la Chalcographie Nationale à Rome grâce à une bourse en 1954. En 1962, il s’est essayé à l’aluchromie (la peinture sur aluminium) avec le Groupe des Aluchromiste Belges et a réalisé sa première tapisserie en 1963. Il a commencé à enseigner le dessin en 1931, dans les athénées de Hannut, de Koekelberg et de Bruxelles, et s’est arrêté en 1963. Son style a évolué tout au long de son parcours artistique. D’abord, il a réalisé des fusains et des peintures à l’huile d’esprit romantique à la sortie de l’école (1927-1933). Il a abandonné la peinture pour se consacrer pleinement au dessin en 1934. Il a alors dessiné divers types d’endroits (vues urbaines, portuaires et industrielles) et a trouvé son inspiration l’architecture et l’urbanisme. Ses traits sont libres, fougueux, le tracé nerveux et les hachures violentes sans toutefois tomber dans l’expressionnisme. L’utilisation du noir et blanc lui ont permis de contraster ses dessins figuratifs, de donner du rythme aux lignes et d’équilibrer les masses. De 1937 à 1952, il a pratiqué l’art du portrait, notamment durant sa mobilisation militaire pendant la Seconde Guerre mondiale. Pendant et après sa mobilisation, il a également dessiné des paysages. Après la guerre, ses compositions ont commencé à être plus construites. Lismonde a amené une atmosphère plus vibrante dans ses dessins en captant l’ombre et la lumière grâce à la technique du frottis des fusains sur papier grainé. La réalisation de lignes (verticales, horizontales et obliques) ainsi que des volutes et arabesques dans ses œuvres ont commencé à rythmer ses compositions au lieu de créer des formes réalistes. La réalité est devenue synthétique et non plus réaliste. À la fin des années 1950, son style s’est apparenté à la non-figuration, ses dessins sont devenus complètement abstraits et il a créé un langage graphique unique composé de droites statiques et de courbes rayonnantes. En 1960, il a réalisé ses premiers « Signes » à l’encre de Chine, série qu’il a réalisée sur trente années. Son style s’est de plus en plus épuré, libéré et s’est chargé d’une grande tension intérieure toutefois dans une certaine harmonie. Comme le dit Philippe Roberts-Jones, il s’agit d’une « sorte d'explosion graphique sans retenue où le pinceau gorgé d'encre touche le papier, le caresse, vire, repart, inscrit une forme vive puis s'interrompt. Nouvel assaut dans la foulée du premier, nouvelle trace, des ponctuations, des taches, des éclaboussures ». Lismonde s’est laissé aller à une liberté totale alliant des taches, des éclaboussures, des gestes rapides et hasard du mouvement pour créer des formes. Il s’agit alors d’une abstraction lyrique et gestuelle. Cette série des « Signes » a inspiré une trentaine de tapisseries, de haute lice pour la plupart, dont font partie la « Composition 63 » tissée par la Manufacture royale De Wit (inv. n°9845) et le tapis de sol tissé par Elisabeth de Saedeleer (inv. n°11264) de la collection de la Fédération Wallonie-Bruxelles en dépôt au TAMAT de Tournai. Plusieurs de ses tapisseries ont été exécutées par les ateliers Destombes de Courtrai. À partir de 1966 et durant les années 1970, l’abstraction lyrique a fait place à un expressionnisme abstrait où les lignes obliques, courbées et ascensionnelles se croisent, se superposent, se concentrent en des points d’intersections sombres et en des cercles hachurés pour former des plans et zones où disparait toute perspective. Lismonde a lui-même décrit cette période comme suit : « A partir de 1966, dans le fouillis volontaire de mes dessins (il ne faut pas dire trop clairement ce que l'on veut dire), le centre de l'œuvre fait toujours appel au thème de l'arc et de l'arcade. L'arcade, c'est une forme géométrique nette, pleine, harmonieuse et complète. Elle a des bases fermées, mais elle s'ouvre aussi sur l'espace. Elle permet des points d'ancrage, de convergence ». Lismonde a légèrement modifié cette approche dans les années 1990 en amenant une certaine profondeur et tridimensionnalité dans ses dessins, en privilégiant le petit format et la mine de plomb au fusain. Il a décrit ses dessins comme : « un désordre organisé de pleins et de vides, de verticales qui n'en sont pas, de cercles qui s'unissent, s'affrontent, se heurtent, se détachent et se séparent ». Lismonde a participé à de nombreuses expositions personnelles et d’ensemble ainsi qu’à des Salons (Salon de Gand en 1933 pour n’en citer qu’un) tant en Belgique qu’à l’étranger. Il a aussi reçu bon nombre de prix : Médaille d’Or de la Biennale de Reggio-Emilia en 1957, Prix Renato Carain à la Biennale de Venise en 1958, Prix du Meilleur Dessinateur étranger de la Biennale de Sao Paulo en 1959 ou encore le Prix de la Critique d’Art en 1961, 1963 et 1967. De plus, il a été membre du Conseil national des Arts Plastiques, de la Libre Académie de Belgique, de l’Académie Royale de Belgique et de groupes d’artistes tels que la « Jeune Peinture Belge » et « Cap d’Encre » (groupe de graveur dont il a été un des instigateurs). Enfin, il a créé l’ASBL Fondation Caille-Lismonde en 1991 qui a été dissoute en 1997, et en 1998 l’ASBL Fondation Lismonde pour promouvoir son travail. Cette dernière est devenue l’ « ASBL Maison Lismonde-Huize Lismonde » en 2005 et s’occupe notamment de la maison dans laquelle l’artiste a habité avec son épouse à Linkebeek.

Matériaux et techniques : Tapisserie sur métier de haute lice. Laine, coton.

Couleurs : gris, brun, blanc cassé

Dimensions : 281,5 cm x 245 cm


Institution

Musée de la Tapisserie et des Arts Textiles de la Fédération Wallonie-Bruxelles
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Collection

Tapisseries de la Fédération Wallonie-Bruxelles
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Type de ressource
Objet physique
Date de création
1967
Auteurs, contributeurs et éditeurs
Lismonde, Jules (1908 - 2001). Auteur
Communauté française de Belgique. Propriétaire
de Saedeleer, Elisabeth. Éditeur
Thèmes
Tapis, Arts textiles, Laine, Coton, Abstraction
Lieux
Bruxelles
Identifiant de l'objet
MAR-TMT-CMP1-11264

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